vendredi 5 septembre 2008

LES VRAIES ROSES FLEURISSENT SEULEMENT UNE FOIS



Les femmes de ma vie ont toutes été si belles
Que je n’ai pu en retenir aucune d’elles .

Elles m’ont distribué l’amour, le charme, la beauté,
La tendresse, joies du corps et de l’esprit
Sans rien compter,
Ou si peu en vérité,
Cependant je les ai toutes grossièrement flétries
Si bien que j’ignore parfois qui s’en est allé

Pourtant le galbes d’un sein, un chant d’amour,
Des griffes dans le dos, des sourires complices
Des nuits d’étincelants feux d’artifices,
Demeurent inscrits pour toujours,
Comme des parfums ou des saveurs,
Des mélodies gémies,
Et peut être quelques ombres fâcheuses.

De l’amour je n’ai connu que le plus noble
Les plus pur des chatoiements, des gemmes
Célées dans leurs écrins , jamais la roture,
Jamais l’amour de caniveau, jamais le rimmel trop appuyé
Même quand nos nuits devenaient félines
Ou nos jours féroces,
Rien que de simples belles et bonnes gourmandises de campagne

J’ai même eu des enfants que j’ai aimés
Au delà de moi même, pour une fois

Dieu, que j’ai été envié
Que vous m’avez célébré
Et à présent que je décline
Combien vos traces encore m’illuminent.

Mais toi, mon Unique-multiple
Cesse de me tourmenter
Apaise ce paysage
Balaye ces scories encore incandescentes
Donne moi un peu de ta respiration
N’érige pas un froid monument de travertin
Aux heures où nous avons exalté l’amour
De Rome à New York, sans passer par Kyoto,
Notre liberté était bien plus belle offerte en gage à l’autre.

A présent que j’habite de moins en moins mon corps
Que celui ci vexé ne semble même plus vouloir me parler
Nous aurions trop à rattraper et à portée si lointaine
Que ne n’ose plus même te prier, Ô mon Unique,
De t’asseoir prés de moi
Car il faut t’implorer.
Il ne fallait surtout pas briser l’homme à la rose,
Il meurt doucement.

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