jeudi 12 juin 2008

L’art de la différence une affaire de culture

Comment une société peut elle en arriver à se fonder sur une différence de couleur de peau , par exemple, pour pratiquer en toute sereine légalité l’esclavage ?
Le blanc européen a durablement écorné son image de respectabilité en instaurant le système le plus ample, le plus cruel, le plus structuré et organisé de tous les temps en matière d’esclavage. Le pire pour lui est peut-être de devoir assumer à la fois cette part de responsabilité non négligeable dans l’histoire de l’esclavage, avec la paternité des notions de droits de l’homme et de dignité humaine qu’il a su développer presque simultanément.
Tant d’honneur et d’opprobre se mêlent ; comment être en paix avec soi ?

On cherchera en vain des coupables et des Justes
C’est déjà beaucoup trop tard !
C’est au moment oû se déroulaient les faits qu’un jugement aurait dû être émis.
Mais en avait on les moyens ?

Equité
Paternité
Responsabilité
Culpabilité

C’est le cheminement d’une démarche impossible :
Le processus est idéal, sauf qu’il ne colle pas avec la réalité historique de l’apparition de ces étapes successives.

Le principe d’équité comportant condamnation de l’esclavagisme commence
à apparaître chez Montesquieu puis à être plus nettement affirmé par Voltaire , mais leur pensée pourtant claire n’a engendré sur le moment que de bons sentiments et il aura fallu attendre un siècle pour obtenir l’interdiction légale de l’esclavage, et plus encore pour voir son extinction dans les faits.

La Paternité, elle, est immédiate . Elle désigne sans équivoque les auteurs des faits : divers négriers, commerçants, religieux, colons., militaires, Cette paternité est plutôt bien établie. Toutefois par un retour de balancier on voudrait la faire porter à l’ensemble des européens , oubliant qu’une part importante d’entre eux, trop modeste pour être impliquée, doit être exclue, et omettant également les parts échéant au monde islamique et africain dans l’esclavage jusqu’à nos jours.

Il faut payer pour l’esclavage, C’est la responsabilité . Mais faire payer qui ? Les héritiers déclinement cet héritage bien évidemment : beaucoup des fortunes fondées sur l’esclavage ont aujourd’hui disparu .Pourquoi en demander le compte à l’Etat, celui-ci a rarement été impliqué dans l’esclavage, et puis l’Etat n’est pas une compagnie d’assurance universelle et intemporelle,

Enfin pour la culpabilité, la faute morale, elle est incontestable aujourd’hui. Mais il en va de même que pour la responsabilité : il n’existe plus personne pour assumer légitimement la réparation des fautes, et la collectivité ne peut pas en assumer la totalité. De plus au moment oú se produisaient les faits il n’y avait pas faute.

La qualification , donc la portée des faits n’est pas la même de nos jours qu'à l’époque à laquelle ils se sont réalisés. La connotation morale de l’esclavagisme comporte une composante culturelle soumise au contexte de l’époque qui la considère.

Aujourd’hui ill ne viendrait à l’idée de personne de demander à l’état Italien réparation pour le pillage et la destruction par les légions romaines du temple de Jérusalem. Pourtant la chaîne de responsabilité semble encore plus clairement établie.

En revanche, refuser toute responsabilité, de fait et morale, serait aujourd’hui une seconde injure pour les victimes de l’esclavagisme , car l’abomination des faits apparaît de plus en plus nette au fil du temps et de l’évolution des consciences.
Il existe sans doute une responsbilité historique, deconnectée des responsabilités civile ou pénale.

L'évolution des consciences est regrettablement ralentie par la peur de la différence de l’autre. Une bonne riposte serait d'oeuvrer pour une évolution plus rapide et pour l'éradication de la peur de la diférence.

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