jeudi 3 avril 2008

HISTOIRES DE SUCRE

(CE TEXTE N'EST QU'UNE EBAUCHE)

SIR HUDSON LOWE ET SIR THOMAS READE

En qualité de gouverneur de l’île de Sainte-Hélène, Sir Hudson Lowe a été le geôlier de Bonaparte de 1816 à 1821. Il s’est acquitté de cette tâche avec tant de zèle que la réputation de cerbère farouche, soupçonneux et outrancier (y compris à l’égard de sujets britanniques), a pris une ampleur injustifiée, sans doute grâce à la propagande pro-bonapartiste, voire les manipulations de Bonaparte lui-même. Cette fâcheuse renommée reste encore attachée à son souvenir.

Bonaparte a bien souvent été malmené durant sa captivité, à Sainte-Hélène encore qu’il y ait beaucoup à trier quant à la réalité ou la portée des menus incidents relatés. Les diverses péripéties, rapportées par la presse ou la rumeur jusqu’en Grande Bretagne, ont amené Hudson Lowe à se justifier devant sa hiérarchie[1]. Les investigations britanniques ont conclu implicitement à la nécessité de cette rigueur, certes excessive, mais néanmoins requise par le caractère d’exception du prisonnier. Il n’a été retenu rien de plus que l’excès de zèle d’Hudson Lowe.

La réalité et la sévérité du traitement réservé à Bonaparte ne sont donc contestées par personne, en revanche l’image attribuée à Hudson Lowe apparaît avec le recul du temps, de plus en plus inéquitable. Les analyses menées récemment sur ces événements jettent un éclairage plus précis et nuancé quant à la répartition des responsabilités.

Le rôle de l’adjoint d’Hudson Lowe, Sir Thomas Reade[2], se dessine peu à peu ainsi que son caractère peu nuancé, cassant et partisan. Ces aspects tendent à alléger les griefs réels pouvant être retenus à l’encontre d’Hudson Lowe[3], quand bien même certaines affinités et harmonies auraient pu se développer entre les deux hommes dans le strict accomplissement de leur tâche. Leur bonne intelligence semble avoir perduré. On la retrouve confirmée dans la lettre[4] adressée en 1842 par Hudson Lowe à Thomas Read, dans laquelle il répond à sa sollicitation d’appuis en vue d’obtenir une charge, à titre gracieux, en faveur de son fils Richard Reade (lequel sera plus tard Consul à Tripoli).

Sir Thomas Reade est né en 1785 à Congleton, dans le Cheshire, petite ville proche de Manchester, il décède en 1849 à Tunis où il est enterré[5]. Il embrasse tôt* , à l’âge de 13 ans, une carrière militaire au début de laquelle il sera déjà confronté militairement à la France lorsque, commandant une flottille de cannonières britannique, il doit repousser l’attaque conjointe, sur la côte sicilienne (occupation sporadique britannique de 1806 à 1815), de la flotte française appuyée par des napolitains[6] : sa conduite honorable et son succès lui valent d’être désigné quelque temps après « deputy adjutant general of the troops at st helena », directement placé sous les ordres du Gouverneur afin de le seconder . Sa nomination à ce poste impliquait notamment la fonction de chef de police de l’île.

Ses états de services lui valurent d’être nommé par la suite Consul général et Agent de Grande Bretagne à Tunis. L’une des traces honorables que son action aura laissée dans sa fonction consulaire sera d’avoir su relayer opportunément la politique britannique abolitionniste, amenant, sans grande difficulté semble t-il, le Bey de Tunis a proscrire définitivement la traite et le commerce d’esclaves noirs razziés en Afrique.

Plaque commémorative, église anglicane de Congleton, cliché de Carl Rogerson, Hyde
(http://www.carlscam.com/)

Par ailleurs, Thomas Reade est plus tristement célèbre pour avoir fait démolir, au cours de son consulat en Tunisie, le fameux mausolée lybico-punique de Dougga afin d’en extraire l’inscription bilingue , déposée à présent au British Museum (M. Poinssot, sous l’impulsion du services des Antiquités d’Afrique du Nord a heureusement a pu restaurer efficacement ce monument en 1920- ill, infra).
Ce dernier exploit fonde et étaye non seulement la piètre opinion que lui resservait à Sainte-Hélène Bonaparte et son entourage, mais donne également une idée de l’étendue prise par l’irritation issue des frictions[7] quotidiennes, résultat de l’exécution sans nuances, voire hostile de la mission de surveillance impartie à Thomas Reade et à son supérieur hiérarchique.

L’AFFAIRE DE LA VAISSELLE PLATE [8]

La couronne d’Angleterre avait fait Napoléon prisonnier et prononcé son exil sur Sainte-Hélène au nom des vainqueurs de Waterloo.
Cet exil garantissait la bonne application du traité de Paris de 1815 et la vie harmonieuse du pacte de la « quadruple alliance », souscrit simultanément par la Grande-Bretagne, la Russie, l’Autriche, et la Prusse afin de garantir meilleure stabilité à l’Europe continentale.
La conférence quadripartite du 2 août 1817 fournit une base juridique à la détention de Bonaparte.
Chacune des puissances avait délégué à Sainte-Hélène un commissaire, tant pour affirmer les rôles respectivement joués dans la chute du 1er Empire, que pour disposer d’observateurs chargé du contrôle bonne exécution de la détention de Napoléon assurée par le anglais. Un représentant de la monarchie française, fraîchement rétablie, s’était joint à eux.

Pendant les deux premiers mois suivants son arrivée de son arrivée sur l’île, le séjour de Bonaparte relevait d’un exil normal . Sa garde restait placée alors sous l’autorité de l'Amiral Cockburn, premier gouverneur . Celui ci fut promptement remplacé par Sir Hudson Lowe, et son adjoint Sir Thomas Reade.
En dépit des bonnes intentions exprimées par Lord Bathrust (voir ANNEXE III), les conditions de détention de Napoléon se détériorèrent immédiatement, et entraînèrent très vite un état de conflit permanent, alimenté sans doute par la crainte obsessionnelle D’Hudson Lowe de devoir répondre un jour d’une éventuelle nouvelle évasion, et certainement en raison de l’hostilité sourde et épaisse de Reade.

La charge financière de la surveillance de Napoléon incombait en totalité au Trésor du Royaume-Uni. Comme la présence de l’empereur avait requis sur l’île le maintien permanent de 2 500 hommes armés[9], pour une durée indéterminée, et qu’à cette nouvelle charge s’ajoutait celle de l’entretien ordinaire du prisonnier et de sa petite suite, le poids de la dépense est vite apparu excessif.
Le secrétaire d'Etat aux Colonies, Lord Bathurst[10] donna donc des instructions au gouverneur pour que la pension fût réduite.

Il intima donc à Hudson Lowe l’ordre de :

« Diminuer fortement les dépenses de la table et de la maison du prisonnier, de telle sorte qu'elles ne dépassent pas 8 000 livres [192 000 francs] par an, en y comprenant les vins et l'extraordinaire, de quelque genre que ce soit. Dans le cas où le général se plaindrait des retranchements que pourraient occasionner cette modification, il (…) sera loisible de lui permettre tout le superflu qu'il désirera, pourvu qu'il fournisse les fonds nécessaires pour couvrir les dépenses au-delà de 8 000 livres. »,
indiquant en outre :
« D'après ce que j'ai appris, les moyens pécuniaires ne lui manquent pas », détail exact car le banquier Jacques Laffitte détenait, à lui seul, un compte oû plus de 6 millions de francs avaient été versés d’ordre de l’Empereur au lendemain de Waterloo.

En fait, dès 1816 l’encours des dépenses engagées pour l’entretien de Napoléon et de sa suite à Longwood atteignaient d’ores et déjà environ 20 000 livres (équivalentes à 480 000 francs).
L’Empereur y vit immédiatement l’occasion rêvée pour endosser le rôle du martyr persécuté : Il tenait ainsi le moyen de susciter un fort courrant d’émotion et de sympathie en Europe qui aurait pu, sinon lui valoir un retour, au moins l’en rapprocher.

Aussi toutes discussions, tendant à amener Bonaparte à pallier à l’insuffisance des fonds alloués en recourant aux ressources de sa cassette personnelle, n’aboutirent en définitive à rien d’autre qu’aux plus énergiques protestations du prisonnier. Elles redoublèrent en véhémence en particulier lorsque Sir Hudson Lowe prétendit contrôler (ainsi que la prudence de sa mission le lui commandait) toute correspondance éventuelle de Bonaparte adresserait à son (ses) banquier(s) afin de communiquer ses instructions.

Ces chicaneries répétés et ces insuffisances agaçaient apparemment Napoléon. Cependant elles n’auraient pas pu nuire à la marche de ce qui demeurait les reste de sa « Maison » disposant donc par ailleurs de ressources suffisantes.
Confronté à l’obstination bornée d’Hudson Lowe, qui entre-temps était néanmoins intervenu en faveur de l’augmentation significative de la somme versée, Bonaparte afin d’exprimer son irritation, et en signe de protestation, décida de faire savoir haut et fort qu’il n’aurait par conséquent plus d’autre choix que de mettre en vente sa vaisselle plate.

La première vente eu lieu le 15 octobre, suivie de deux autres ventes en novembre et décembre . A cet effet, comme ces pièces de vaisselle plate passaient en mains ennemies, il est compréhensible qu’elle fussent « décapitées » de leurs emblèmes napoléoniennes.
Cette tâche échut à Cipriani[11] à qui il incomba symboliquement d’effacer toutes traces, marques et symboles pouvant rappeler l’ancien propriétaire, soit en limant les armoiries, soit en sciant les Aigles portées par les diverses pièces d’orfévrerie.
Il ne s’en acquitta que très partiellement, se limitant semble t-il à la suppression de symbole impériaux uniquement sur les pièces d’argenterie majeures les plus visibles.
Cette argenterie comportait à l’origine, à côté de la vaisselle usuelles -cuillères, fourchettes etc.- quelques pièces majeures notamment cafetière, sucrier, ornées d’aigles impériales (ANNEXE IV).
Elle ne fut qu’en partie dispersée lors de ces trois ventes qui concernaient à la fois des éléments de service et de plus rares piéces d’apparat dépouillées à présent de leurs d’aigles impériales,, celles ci étaient également vendues en vrac pour leur poids.
Un service de faïence très ordinaire fut acheté au chef lieu de l’île pour y accréditer la parodie (relative) du sacrifice .

Bien entendu, ce n'est ni la poignée de fermiers peuplant l’île, ni la population multiethnique introduite dans l’île pour les besoins du relais sur la route commerciale du Capqu'elle assurait, ni encore les troupes stationneées à Sainte-Hélène garantes de sa sécurité, qui pouvaient se porter acquéreurs d’argenterie d’apparat . En auraient elles eu les moyens, l’usage ou le goût? Ces populations n’ont vraisemblablement pris en considération que l’aspect vénal de cette importante quantité d’argent.
En revanche quelques personnes d’un rang social supérieur, représentants de compagnie commerciales ou de l’autorité britannique, souvent d’extraction aristocratique et ayant peut-être eu la chance d’une meilleure éducation, même modestes, ont pu porter de l’intérêt au travail d’orfèvrerie de cette vaisselle plate, au delà de la valeur vénale représentée par son poids de métal.
Les conditions exceptionnellement favorables d’acquisition qui les entouraient ont renforcé en outre l’attraction exercée par l’argenterie de Bonaparte.

LE PETIT BUSINESS DE Sir THOMAS READE

C’est probablement tenant compte de ces divers aspects que Sir Thomas Reade a pu acheter à vil prix une petite partie de l’argenterie ainsi offerte.
Pour mémoire le produit des ventes successives a atteint un montant global proche de 26 000 francs pour 4127 onces d’argent , soit un total d’environ 117 kilogrammes d’argent.

On peut aisément imaginer que les occasions offertes à Sir Thomas Reade pour dilapider sur Sainte-Hélène son avoir étaient suffisamment rares pour qu’il ait su judicieusement profité de l’aubaine en plaçant ses économies (modeste ?) dans quelques pièces d’argenterie.

Ces dernières le suivirent en Tunisie où sa carrière l’amena après 1821 comme Consul général. Ses fonctions connurent leur terme avec sa mort à Tunis le 29 juillet 1849.
Il ne semble pas que Sir Thomas Reade ait su profiter de l’extraordinaire amabilité tunisienne afin d’amender son caractère peu enjoué[12], ni endiguer ses instincts de rustre prédateur[13].

(illustrations)

Mausolée de Dougga avant restauration12 Le même restauré (cliché anonyme)

Durant son consulat Thomas Reade s’est employé sans difficulté à faire abolir par le Bey de Tunis l’esclavagisme. Cette demande du roi d’Angleterre fut bien accueillie par le Bey lui même, trop heureux de pouvoir justifier la suppression de ses « gardes noirs » et surtout de pouvoir en éliminer la charge. Tunis et sa région se plièrent également sans incidents à cette interdiction, En revanche les campagnes consommatrices de main d’œuvre acceptèrent plus difficilement la nouvelle donne. Toujours est-il que par la volonté britannique, l’insistance de Reade, et la complaisance du Bey, l’esclavage fut officiellement aboli en Tunisie le 26 janvier 1846 par Ahmed I Bey, et que cela se traduisit progressivement dans les faits.

SUCRES ET CAFÉ

L’autre préoccupation majeure du consul pendant cette période fut l’installation des ses enfants dans la vie : il donna sa fille en mariage en 1845 à Willam Crowe, fils de son vice-consul à Sfax , quant à son fils Richard il souhaitait pouvoir lui obtenir une charge à titre gracieux, et sollicitait fin 1842 l’appui de Sir Hudson Lowe afin que lui soit épargné le coût semble t-il élevé d’un quelconque office (voir ANNEXE II).
Les conseils prodigués par sir Hudson Lowe dans sa réponse n’ont vraisemblablement pas été très utiles. Sir Thomas Reade s’est donc préparé à acquitter à prix fort le prix d’une charge[14]: il mobilisa ce qui lui paraissait judicieux et mit ainsi en vente sur la place de Tunis l’argenterie napoléonienne dont il disposait.
Le moment était judicieusement choisi : signature de l’entente cordiale en 1843, bienveillante sympathie et retour en grâce pour les bonapartistes d’antan, présence française accentuée en Afrique du nord par l’Algérie.

Les Gallini, famille corse , viscéralement bonapartiste comme le suggère leur origine, en racheta ce qu’elle pu.
Une aute vieille famille de Tunis - génoise, devenue française lors de l'annexion de la République de Génes par Bonaparte à la France- pu racheter le sucrier et la cafetière du service, elle les détient toujours.

Ces pièces avaient été décapitées, peut-être maladroitement, de leurs aigles lors de leur mise en vente à Sainte-Hélène[15]
L’aigle couronnant le sucrier a été remplacé par un petit lion d’argent symbolisant la monarchie britannique, (réplique d’un lion de Trafalgar square ?), celui de la cafetière, manifestement scié, a été remplacé par un méchant petit oiseau, qui n’ose pas dire son nom et qu’on dit être un aiglon.

Selon P. G., les poinçons d’orfèvre de la cafetière seraient des poinçons russes .
Il pense que ce service de vaisselle plate pourrait être celui que Pauline Borghese , sa sœur, avait affectueusement offert à Bonaparte lors de son premier exil , sur l’île d’Elbe.
Les pièces sont de style néo classique-retour-d’Egypte .

On peut situer le sucrier aux environs du blocus continental. La France était alors privée d’approvisionnement en sucre de canne en provenance des colonies. Ce sucrier monumental était, à proprement parler, un pot à mélasse . Il devait être rempli du sirop très épais et très visqueux, résidu du raffinage du sucre, et le remplaçant

Le corps du sucrier comporte tout autour un dispositif permettant de suspendre les cuillères de service pourvues de crochets. Ces cuillères l’accompagnent toujours. (si ma mémoire est bonne).


Pendant ce temps Philippe Victoire de V.[16], - employait ses talents de botaniste et de chef de l’entreprise grainetière bien connue, à la généralisation, selon décret napoléonien, de la culture de la betterave sucrière :
Le blocus continental fut instauré par l’Empereur le 21 novembre 1806. Il interdisait l’entrée en France de tous produits anglais, dont le sucre de canne des Antilles.
Bonaparte pris alors la décision d’encourager de façon très volontaire la production de sucre de betterave :
Les recherches du chimiste français Delessert avaient abouti à la mise au point d’un procédé satisfaisant d’extraction du sucre de la betterave.
A cela s’ajoutait les améliorations apportées par Philippe Victoire de V. en sélectionnant en fonction de leur teneur en sucre les différentes variétés de betteraves.
xxx de V. détient toujours le secrétaire à cylindre sur lequel l’Empereur est venu signer le décret autorisant la mise en production intensive de la nouvelle variété de betterave sucrière .
Cette personne demeure persuadée que Napoléon à signé sur cette table le décret de généralisation de la culture des pommes de terre: cela pourrait être inexact car les V.'ont prêté d'attention significative à la patate qu'à partir 1880 avec les travaux d'Henry de V, d'une part, et cela ne correspond pas avec certaines traditions orales, d'autre part.

Quoi qu'il en soit, l’extraction passée à l’échelle industrielle permit au sucre de betterave , produit dans des conditions de rentabilité suffisante, d’éviter que le retour du sucre de canne de nouveau libre, ne devienne un rival sérieux.
Cela amenait la France au rang de 1er producteur mondial de betteraves sucrières, rang qu’elle tient toujours fermement…. si le soudain attrait pour les biocarburants ne vient pas bouleverser la donne actuelle.

Etonnament le descendant du proprétaire du sucrier de Napoleon , a épousé en 1946 la descendante de Philippe Victoire de V.







ANNEXES

ANNEXE I/

Lettre du docteur O'Meara, médecin de Bonaparte à Sir Hudson Lowe

April 12, 1818.

I have had the honor this morning of receiving a letter from Lt.-Colonel Sir Thomas Reade, Deputy Adjutant-General, containing instructions in Y.E. name, by which I find that I am assimilated with the French prisoners at Longwood.

When in 1815 Count Bertrand asked me to accompany Napoleon Bonaparte as surgeon, I declared to Admiral Lord Keith and Captain Maitland that I would accept of the situation on certain conditions; viz., that I should be continued upon the navy list in my rank as surgeon, with my time going on, that it should be permitted me to resign should I find the situation not to be consonant to my wishes, that I should not be considered dependent upon or paid by Napoleon, but as a British officer employed by the British Government, and consequently not subject to any restriction imposed upon French
prisoners. The subsequent arrangements made by the Admiralty shew that these conditions were approved of.
In June, 1817, you, sir, manifested some intention of imposing upon me the same restrictions as the French prisoners were subjected to; I had then the honor to communicate to you the stipulations which I had made and the conditions under which I had accepted the situation, adding that I would prefer giving in my resignation to submitting to any such restrictions. I therefore consider, sir, your order of the 10th of this month as a demand for my resignation, and I have the honor, now, sir, to tender it to you, and also to demand permission to return to England
I have, etc. BARRY O'MEARA, Surgeon R.N.


ANNEXE II/

Lettre de Sir Hudson Lowe en réponse à une sollicitation de Sir Thomas Read
(manuscrit offert à la vente par SMYTHE New-York)

December 15th, 1842

My dear Reade,
Mr. Amyot has mentionned to me your wish to obtain a Commission for one of your Sons and I told him that I think that the best course you can pursue for this purpose, is to write a letter to Lord Jeffrey Somerset, stating your own military service, referring to me, if nescessary, with regard at your service at St Helena- to Lord Derby (perhaps), as to those in Sicily, or to any letter or general order after John Stuart.... stating all your service on the Peninsula, and requesting that the name of your son (whose age and course of education would be described), may be put dowm as a candidate for a Commission by purchase; for with the exception of ...persons... educated at Sandhurst...few indeed are the occasions where the Commissions are obtained without purchase. You might perhaps put your application in such a way it may appear as one for a commission without purchase, but saying that if the list of candidates is so full that ... favor cannot be granted you should be happy to become a purchaser...In wateverway your application may be made, I shall be always happy to give it heavy support...”

Les commentaires de la Maison SMYTHE de New-York précisent . « …Reade apparaissait un homme trapu dans la trentaine, présentant une face de lune ornée d’un constant sourire que beaucoup considéraient comme hypocrite. Il n’avait la réputation d’être ni plaisant, ni cultivé : L’Empereur éprouvait un intense déplaisir à le fréquenter et répugnait à le voir ou lui parler. Sa correspondance atteste de bien plus de sévérité de sa part à l’égard de l’Exilé que ses supérieurs n’en ont démontré… »


ANNEXE III/


Extraits de la lettre de mission adressée le 12 septembre 1816 à Sir Hudson Lowe par Lord Bathrust destinée à fixer le cadre « juridique » de détention de Napoléon à Sainte-Hélène


Ma lettre du 24 juillet vous a informé qu’il avait plu à Son Altesse Royale le Prince Régent d’ordonner que la garde de la personne de Napoléon vous fût confiée. L’île de Sainte-Hélène a été fixée comme le lieu de sa future résidence… Vous trouverez ci-incluse, pour vous servir d’information et de guide, la copie d’un mémorandum que j’ai adressé, à cette occasion, aux lords commissaires de l’Amirauté, et sur lequel les instructions de sir George Cockburn sont fondées, autant qu’elles regardent Napoléon Bonaparte.

J’ai peu à rajouter à ce mémorandum, et vous regarderez ces instructions comme les principes généraux qui doivent régler votre conduite. Beaucoup de choses cependant seront déterminées par les circonstances locales, et l’expérience que j’ai de votre jugement et de votre discrétion me fait remettre, sans appréhension, cette mission très importante entre vos mains. Vous observerez que le désir du gouvernement de Sa Majesté est d’accorder au général Bonaparte toutes les indulgences compatibles avec l’entière sécurité de sa personne. Qu’il ne puisse en aucune manière s’échapper, ni avoir de communication avec qui que ce soit, excepté par votre entremise, doit être votre soin incessant ; et ces deux points une fois assurés, toutes les ressources, tous les amusements de nature à réconcilier Bonaparte avec sa captivité peuvent être permis.



ANNEXE IV/

Extrait de L’ECHO DE LA FABRIQUE- Journal des chefs d’atelier et ouvrier en soie –
26 janvier 1834 - N°56 -
Edition électronique (http://echo-fabrique.ens-lsh.fr/document.php?id=3525&format=search)

SOUVENIRS D’UNE DAME SUR NAPOLÉON A STE-HÉLÈNE.
Pendant les deux années que je passai à Ste-Hélène, il m’était si facile de voir l’empereur Napoléon, que j’aurais pu remplir des volumes de petites circonstances de sa vie privée [….]Quelque temps après, Mme la comtesse Bertrand m’envoya une invitation à dîner de la part de l’empereur. […] Le dîner fut servi en magnifique vaisselle plate et en porcelaine de la Chine, les domestiques étaient en livrée verte et or ; l’empereur mangea de plusieurs plats avec appétit, causa beaucoup avec moi sur l’Inde et sur les mœurs et les coutumes de ses habitants. […]En parlant ainsi il se leva et tout le monde le suivit dans le salon où l’on servit le café. Je ne pus m’empêcher de laisser voir mon admiration à la vue du service de porcelaine qu’on venait d’apporter ; l’empereur prit une tasse et sa soucoupe, et l’approcha du jour pour m’en faire voir la beauté ; les peintures représentaient des vues d’Egypte et les portraits des principaux chefs de ce pays. « C’est la ville de Paris, dit-il, en remettant la tasse sur le plateau, qui m’a fait présent de ce service de porcelaine après mon retour d’Egypte. » Il donna dans la suite une de ces magnifiques tasses à lady Malcolm, femme de l’amiral sir Pultney-Malcolm quand elle quitta Sainte-Hélène.

ANNEXE V/
Georges Dupuy –Stratégie, V. : nous on séme – L’express - 08/04/1999

[…] La maison fondée quai de la Mégisserie, en 1743, par Philippe Victoire de V., le premier d'une longue lignée de botanistes et de grainetiers, prend l'eau de toutes parts[…]
Tout ce que l'Europe compte de savants spécialisés dans les semences connaît la famille et ses travaux. Notamment l'amélioration de la betterave sucrière et la création d'une variété jaune crème, le fameux ovoïde des Barres.


NOTES

[1] Lowe recommended that the government allowance of £8000 a year to the Longwood household should he increased by one-half. The charges of cruelty brought against the governor by O'Meara and others have been refuted; and the most that can be said against him is that he was occasionally too suspicious in the discharge of his duties. After the death of Napoleon in May 1821, Lowe returned to England and received the thanks of George IV.
(in NNBD- Soylent Communications, 2008)
[2] L’orthographe de son patronyme est bien celle ci, bien qu’elle fluctue de Read à Reid , voire Reed
[3] Voir Annexe I : copie d’une lettre du médecin britannique à Hudson Lowe où il se plaint de ce que les mêmes restrictions réservées aux captifs français lui soient étendues par Thomas Read.
[4] Lettre, publiée pour sa vente par Smythe, 2 Rector Street, 12th Floor, New York, NY 10006, à l’adresse : http://www.smytheonline.com/prices_realized/225/MooreC_PeronE.pdf Cf. Texte Annexe II/
* Indice d’une conditions , d’origines modeste ????
[5] Enterré au cimetière de l’église anglicane, puis au cimetière du Borjel (?)
----racines ?---
[6] Gregory Desmond, Sicily: The Insecure Base, London: Fairleigh Dickinson University Press, 1988.
[7] « …Le jour suivant, sir Hudson accompagné de sir Thomas Read rendit visite à l'amiral. Ils différèrent quelque peu d'opinion au sujet des approvisionnements arrivant du Cap. Comme le Gouverneur prenait congé, il se prit à interpeller l'amiral sur un ton singulier :-Lors de votre dernière entrevue avec Bonaparte, ne s'est-il rien passé dont eût dû être informé le gouvernement de Sa Majesté ?-Rien, répliqua l'amiral. Si sir Hudson avait exprimé le désir d'être mis au courant de leur conversation, l'amiral se fût fait un plaisir de lui en donner le détail, mais par la manière de la poser, l'interrogation était blessante. »Journal de Lady Malcolm à Sainte-Hélène, Revue d’Etudes Napoléoniennes, 1931
[8] Vaisselle plate ou Argenterie (en espagnol, plata = argent)
[9] Troupes additionnelles prévues pour se prémunir contre toutes éventuelles tentatives d’enlèvement du prisonnier par ses partisans.
[10] Homme pragmatique, froid, et efficient; en poste dans cette fonction jusqu’en 1827; à partir de 1817 il s’est livré à la même démarche portant sur la réduction du coût d’expatriation (transportation) de criminels en Australie, et sur l’évaluation de l’efficacité préventive pour l’ordre public de cette disposition. Son maintien a contribué à faire du New South Wales actuel, l’Etat le plus peuplé d’Australie !
Voir Australian dictionnary of Biography-Online Edition (http://www.adb.online.anu.edu.au/)
[11] Cipriani Francschi, au service de Napoléon, depuis son exil à l'ìle d'Elbe, tenait à Longwood le rôle de major d’homme auprès de Bonaparte. Rôle sans importance historique, cependant personnage entouré de controverses, aurait été un espion.
[12] “Richardson's 1845 report, later submitted to the British consul, judges Shaykh 'Azzuz quite favorably, although the Englishman generally viewed Tunisian society with a jaundiced eye” . Julia A. Clancy-Smith - Rebel and Saint. Muslim Notables, Populist Protest, Colonial Encounters (Algeria and Tunisia, 1800–1904)- UNIVERSITY OF CALIFORNIA PRESS -Berkeley · Los Angeles · Oxford
[13] « La pierre arrachée au mausolée de Dougga se trouve au British Museum, un consul anglais n’ayant pas hésité, en 1842, à démolir le monument (restauré depuis) pour faciliter le transport. » Lionel Galand.-Lybique et berbère -www.asays.com-
Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Section des Sciences historiques et philologiques.
[14] Nous retrouvons Richard Reade, consul à Tripoli, pourvoyeur en animaux du zoo privé du 13ème comte de Derby, selon divers courriers vers 1849-1851 :
http://www.amphilsoc.org/library/mole/d/derby.xml Archives 13éme comte de Derby – B D44
[15] Ces aigles, mises également en vente ont été rachetées soit pour leur poids d’argent , soit pour leur valeur esthétique. Quelques aigles ont été montée sur les colonnette fixées à un socle pour en faire des bibelots décoratifs.
[16] Voir ANNEXE V/

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