mercredi 23 avril 2008

RAINBOW ARCH 2004, MOROSITÉ


Afin de préserver quelques priviléges face à certaines réalités,

- le taux de croissance démographique du monde musulman, plus élevé que celui du monde occidentalisé
- l’écart de niveau de développement, économique, scientifique, industriel et agricole qui se maintient en faveur de l’occident, et à présent de l’Asie orientale
- la main mise de l’occident, puis de l’extrême orient, sur les ressources naturelles du globe et leur mise en valeur, effectuées à leur profit exclusif, soit par le truchement du colonialisme, soit par les règles économiques du le libéralisme mondialiste.
- les maladroites tentatives d’instauration d’une laïcité arabo-musulmane (Atatürk, Nasser, Bourguiba, Sadam) qui ont plus souvent produit l’effet inverse que celui poursuivi : menant à une perte identitaire, puis au désarrois (également nourri de l’élargissement des fossés démographique, du développement) et qui finalement produisent une radicalisation ou le retour en force des fanatismes religieux,

… on pourrait envisager la stérilisation obligatoire, l’extermination dans des camps spécialement conçus à cet effet, la mise sous tutelle politique, la construction de murailles ; mais ça ne marche pas bien, et puis il paraît que d’un point de vue moral il y aurait de lourdes objections.

Je suis donc très embarrassé pour prendre position car je demeure profondément attaché aux références humanistes, conscient de leur faiblesses, des graves erreurs dont elles se sont accompagnées, mais aussi fier des réalisations humaines qui ont su y trouver leurs origines, fier du formidable espoir qu’elles comportent pour l’humanité, fier quelles puissent jeter un pont de compréhension entre les religions, les civilisations et les hommes.

Je n’ai pas de solution et comme le problème se pose avec une intensité croissante, accompagnée d’une conscience plus aiguë de sa réalité, il devient de plus en plus urgent d’y répondre.

J’ai le souvenir d’un copain à qui je soumettais ce problème il y a un paquet d’années : il proposait comme issue d’acheter un quintal de haschich, de le fumer tranquillement en attendant que le tiers monde débarque.

Aujourd’hui le tiers monde a bien commencé son débarquement. On tend à dépénaliser l’usage des stupéfiants . Mon copain est mort du sida, homosexuel, toxico et communiste, Ce n’est peut être pas la bonne voie non plus.

Le fait d'être partagé entre orient et occident génère autant d'avantages que d'inconvénients: mais ça fait encore plus de monde à aimer et je n'ai malheureusement toujours pas de solution à leur apporter.

dimanche 13 avril 2008

Une sérieuse crise d'acnée

Je crois ne plus rien comprendre à la Tunisie.
Depuis quelque temps je vois apparaître ici et là, principalement à travers les écrits de personnes jeunes, âgées entre 20 et 30 ans, une certaine tendance de leur admiration qui se met à revendiquer la part d'héritage culturel et de gloire d’Hannibal qu'ils estiment leur revenir.

Je veux bien leur accorder qu’Hannibal Barca est un personnage historique attachant, autant par l’ampleur de ses entreprises, que par les diverses qualités qu’il a su démontrer.
Il demeure cependant un occupant punique, et reste bien un occupant.
Carthage, avec son peuple, s’était si peu dissoute dans la population africaine qu’elle n’a pratiquement jamais cessé de recourir à des mercenaires, dont une bonne part d'étrangers…et puis c’est bien un prince africain, Massinissa qui, apportant l’aide de sa cavalerie à Scipion, a eu raison d’Hannibal…on peut donc supposer que si les puniques avait su démontrer plus de bienveillance à l’égard des populations africaines, celles-ci ne se seraient pas déclarées leurs ennemies.
Il est notoire que les puniques n’ont portés que très peu d’intérêt aux populations indigènes, et à leurs terres, tant que la puissance navale de Carthage et restée intacte.
En revanche, après les défaites encourues lors de la seconde guerre punique, réduisant sensiblement l’emprise maritime de Carthage sur la Méditerranée, la citée s’est retournée vers l’intérieur du pays développant son agriculture au pas de charge, le pressant comme un citron, ainsi que sa population, afin de compenser autant que possible le recul des ressources qu'elle tirait jadis de son activité commerciale maritime.

Il est vrai qu’il s’agit d’une occupation qui aura duré 688 ans, à côté des 725 ans de domination arabe, ou des deux siécles ottomans, elle n’est pas négligeable. Mais il me semble que de ce point de vue la Tunisie est d’abord arabe car même si l’envahisseur arabe est resté chez nous en petit nombre , (le reste poursuivant sa conquête jusqu’en France), l’occupant arabe n’a pas hésité à se mêler et à se fondre avec la population berbère. Très peu de ces berbéres aujourd’hui peuvent prétendre être de souche authentique et non mêlée: Mais cette partie berbére de notre population n’a jamais été très bien considérée et prise en compte par l’histoire à Kairouan ou à Tunis et Gafsa, les berbéres seront toujours perçus comme symbole de rébellion s'opposant au pouvoir central ou aux occupants successifs.


En définitive, pourquoi ne pas laisser cette jeunesse s’identifier au modèle qu’elle souhaite retenir ?
Comme Piaget l’a bien mis en lumière chez l’enfant, l’élaboration de la personnalité d’homme se construit en passant par l’identification à un modèle pris dans l'entourage, après l’avoir reconnu comme agréable.
Cette fraction de la jeunesses peut donc légitimement rêver d’un modèle différent de celui qui s’offre actuellement à nos yeux, aux commandes de l’Etat ou dans son orbite.
Mais alors il faudrait qu’elle reconnaisse équitablement à chacun des occupants successifs de la Tunisie les mêmes droits, au lieu d’accorder ce privilège d’avoir marqué notre civilisation seulement aux occupants arabes, puis européens ( principalement français et italiens) -les turcs ottomans ont été peu nombreux et se sont surtout fondus dans la société tunisoise après avoir formé un long moment l’ossature de sa bourgeoisie; notre pâtisserie reflète une partie de leur héritage-.

Comme nous n’écrirons pas deux fois l’Histoire, et que la question d'Hannibal est de peu d'intérêt pratique, sauf en ce qu’elle révèle la quête identitaire et l’ignorance de certains. Pour ce qui est de leur ignorance, je ne pense pas qu’elle puisse engendrer de graves dégâts, du moins je le, souhaite, Mais pour ce qui concerne l’apparition à l’intérieur même de la Tunisie d’une quête identitaire toute nouvelle, il est à craindre qu’elle ne soit révélatrice d’un problème plus profond et grave.

Ce nouveau désarrois sera un autre sujet de réflexion.

samedi 12 avril 2008

CHRONIQUE BOURSIERE (touristique)


Derniers cours de bourse

ON SOLDE!

Commentaires de la séance
Le marché présente peu de relief…la Bourse est plate et les transactions sont uniformes, les échanges actuellement atones pourraient se réveiller en se redressant vigoureusement, et au final pourraient réaliser une meilleure avancée que prévue grâce au bon indice de pénétration du taux d’épargne des ménages. A signaler, la plongée abyssale de l’action COMEX.

Matières premières
A Londres, les transactions restent fluides sur le marché du Brent.
Le caoutchouc rebondit sur son plus bas, tandis que le mercure monte vers des sommets inconnus jusqu’à ce jour. Pour le fer, il faut ivoire plus clair.
A Tel-Aviv, le marché du diamant moins, soutenu qu’à Amsterdam, n’a pas été très brillant tout le long de la séance.
Les cours du cacao boivent la tasse à Marseille.

Marché des changes
La parité Nèfles/Deglat el Nour tend toujours vers zéro. La Banque Centrale a retiré ce matin massivement des dattes du marché, tentant ainsi une réallocation de ses réserves sous forme de suppositoires en soutien de l’industrie pharmaceutique .Jean Noël Kerviel , trader à la Trade & Riz des Rats, espère que ce remède de cheval épongera les pertes latentes de son portefeuille.
Monnaie
Statère d'or, Carthage Estim. 1800/2200 €uro
Une oeuvre d'art.
Prov. sud tunisien
Type de Carthage 350 - 320 av. J.-C. Tête de 'Tanit' à gauche, couronnée de roseaux, parée d’un collier et de boucles d’oreille. Rv. Cheval debout à droite. 1h., environ 10 grammes. Jenkins & Lewis, Carthaginian gold and electrum coins, Groupe V, 298. MAA.12. TTB à TB.

HAÏTI on ne vide les boites de conserve qu'une fois


Songez qu’en plus d’un endroit
On est dispensé de réfléchir
Sur l’opportunité d’acquérir ou non
…une casserole

Parce qu’une boîte de conserve recyclée
Suffirait normalement
Si on avait seulement
…de quoi la remplir

C’est sans doute pourquoi
L’usage s’est établi d’attacher
Aux basque des jeunes mariés
…de tintinnabulantes casseroles

jeudi 10 avril 2008

L'OR DE TUNISIE

(ceci n'est qu'une ébauche, critiques précisions, rectifications sont bienvenus)
L’OR LIQUIDE DE TUNISIE
L’HUILE D’OLIVE



L’OLIVIER

Cet arbre serait originaire de Syrie. Sa culture aurait commencé il y a plus 6 000 ans. Nous devons certainement aux marchands navigateurs phéniciens sa propagation il y a 2 600 ans, autour du bassin méditerranéen, à l’instar de la vigne. L’aire de propagation méditerranéenne de l’olivier représente encore de nos jours 95 % du total mondial des superficies cultivées.

L’arbre ne s’accommode pas de basses températures et survit mal en dessous de -10° C.
En revanche, il demande peu d’entretien, et reste peu gourmand en eau, ce qui explique en partie sa réussite en Afrique du nord et en Tunisie en particulier. Ce pays demeure depuis plusieurs décennies le 4éme acteur mondial sur le marché international de l’huile d’olive et envisage d’élargir encore plus ses parts de marché en s’appuyant notamment sur le caractère « Bio» d’une importante partie de sa production (absence d’engrais).

Les nombreuses variétés sont répertoriées[1] (Lucques, picholines, en Europe, chemchali, chemtali, en Tunisie, etc…), et donnent des olives tantôt destinées à la production d’olive de table (ou confiserie), ou à la production d’huile d’olive. Aujourd’hui 90% des olives mondialement récoltées sont destinées à la production d’huile.

Dés l’antiquité tout un mythe s’est développé autour de l’olivier au point qu’il devienne figure emblématique portée sur le monnayage d’Athènes atteignant au zénith de sa gloire (fig.1)

Figure 1 Tétradrachme d’Athènes (449-413 av. JC). Derrière la chouette : rameau d’olivier et croissant de lune

Certains prêtent à l’arbre une durée de vie de 2 000 ans; 400 ans suffiront à établir sa réelle longévité. Et pour poursuivre dans le rétablissement de quelques vérités et faire un sort définitif au mythe colonial voulant que la représentation d’un rameau d’olivier retrouvée sur un bas relief romain aurait inspiré à l’administration coloniale française l’idée de sa culture intensive dans le Sahel[2], il faudra rappeler que la culture et l’exploitation de l’olivier n’ont pas cessé en Tunisie depuis l’antiquité romaine (fig.2) , voire phénicienne[3].


Figure 2 - ruines romaines d’un pressoir d’olives,
La Tunisie, Pays de protectorat français
Paris 1892 – aquarelle de l’auteur Charles Lallemand

En revanche, dés l’établissement du Protectorat, l’ouverture directe du marché français aux huiles tunisiennes, marché antérieurement contrôlé par des intérêts italiens et génois en particulier[4], a permis de multiplier par cinq les exportations directes de Tunisie vers la France lors des 10 premières années de la colonisation.
La demande liée à cette ouverture a également amorcé puis soutenu les diverses campagnes de plantation qui ont fait du Sahel tunisien l’une des premières forêt d’olivier du monde.

C’est sous cette impulsion que s’est développée l’immense oliveraie de Sfax, plus récente et finalement plus étendue que celle de Sousse. Longtemps exemplaire, elle est aujourd’hui menacée à son tour par le vieillissement de ses arbres[5].

L’olivier ne se joue pas du temps uniquement par sa durée de vie théorique évaluée en siècles : il faut d’abord que s’écoulent 15 ans après sa plantation pour recueillir une première récolte. Passé ce cap, une cinquantaine d’années à plein rendement lui sont ouvertes , puis atteignant sa 75éme année, apparaît un net déclin. La production stagne à des niveau peu attractifs jusqu’à ses 150 ans, âge limite suivi de son arrachage. Son rendement optimal reste donc assuré sur une période de plus de cinquante ans, et bien au delà à condition d’avoir peu d’appétits.
Comme l’olivier exige peu de soins (aération du sol, élagage), il s’est toujours prêté à la micro exploitation, jouant souvent un rôle comparable à celui que représente la détention d’un chêne truffier en Périgord par son apport de revenus complémentaires. Ces formes de capitalisation grâce à des exploitations tantôt extensives tantôt traditionnelles, ont coexisté de longue date , toutes chargées d’histoire.

LA RECOLTE

La période
Le moment de la récolte n’est pas fixé impérativement car d’une part sur un même arbre les olives n’arrivent pas simultanément à maturité et d’autre part la date peut être avancée ou reculée selon la qualité d’huile visée, Ainsi les olives les moins mûres donnent une huile plus fruitée mais mois abondante et de meilleure conservation tandis que le olives plus mures produisent une huile douce en plus grande quantité , dont la durée de stockage est inférieure.
Le niveau d’acidité croissant avec le degré de maturité, et déterminant la qualité de l’huile selon les normes internationales peut influer sur le choix du moment de la récolte par rapport à la qualité d’huile visée.
A présent qu’il existe un marché mieux structuré, les cours peuvent aussi être pris en considération comme élément de décision déclencheur de la cueillette .
En gros la récolte est effectuée en automne plutôt en septembre / octobre .
Les méthodes
La technique traditionnelle a toujours été pratiquée : elle consiste pour des cueilleurs perchés sur de mauvais escarbots de bois, à peigner les rameaux d’oliviers avec leurs doigts protégés par des cornes autrefois de chèvre aujourd’hui en bois, Concession au progrès, on utilise aussi de petits râteaux de fer pour peigner les oliviers
Les branches de l’arbre ainsi ratissées laissent tomber les olives à terre sur des draps de toile étendus ,(aujourd’hui, des bâches), afin d’être rassemblées pour être acheminées sur les lieux d traitement,
Le transport et le stockage
L’une des caractéristiques de la production tunisienne la distingue de la pratique communément observée chez de nombreux petits producteurs d’Europe du Sud qui consiste à laisser les olives macérer, fermenter quelques jours en entrepôt. Cette opérations fait naître des arômes recherchés en traitant la récolte dans des délais raisonnables.
D’ailleurs, les presses à huiles se sont installées le plus prés des centres de cueillette afin. d’une part, d’éviter aux olives cette altération résultant d’un trop long stockage et, d’autre part, pour avoir le moins de matières pondéreuse à transporter car l’huile ne constitue que la cinquième partie du poids de l’olive.
On rencontre encore les traces de ces installations en pleine campagne ou, au Sud , dans l’enceinte de ksar[6].
Le transport traditionnel se faisait à dos d’animal âne, mulet, dromadaire, selon la région. en utilisant des sac de jute ou de grand paniers d’herbes tressées.
Le sac de jute est toujours en vogue, mais les caissettes de plastique et les sacs de plastique sont aussi utilisés. Les sacs de plastique nuisent au transport de l’olive.
Certaines exploitations agricole relevant de la micro exploitation justifient l’existence de commerçants intermédiaires qui centralisent la cueillette. Leur intervention peut introduire une temps de stockage avant l’envoi aux presses . La durée de stockage n’excédera jamais plus de 48 heures.

L ‘EXTRACTION D’HUILE

A l’arrivée des olives un tri est effectué pour séparer les olives des feuilles ou résidus de branche que la cueillette aura apportés. Si une part de la cueillette est dessinée à la confiserie, la sélection sera effectuée selon l’aspect et le calibre de chaque olive. Ce tri, manuel à l’origine, est plus souvent fait maintenant à l’aide machines modernes et performantes.


Figure 3 - Moulins arabes à Kaala Kbira
La Tunisie, Pays de protectorat français
Paris 1892 – aquarelle de l’auteur Charles Lallemand


Les puniques et les romains avaient déjà conçu d’importantes installations composées de ‘tarpetum’ et de ‘torcular’[7], Ces bâtisseurs ne se doutaient pas du nombre de colonnes qui seraient converties en moulins lors de la conquête arabes. Leur ingéniosité pour parvenir produire cette pâte d’olive écrasées, le moût dont a toujours extrait l’huile, ne peut pas être datée avec certitude.


La trituration
Le principe, remontant à l’antiquité, utilisant force humaine ou animale puis la force électrique Il s’agit de convertir en une pâte homogène, par écrasement à la meule. les olives et leur noyaux .
De nos jours des machines modernes à grande capacité écrasent les olives pour en faire cette pâte dont on garni en couches de quelques centimètres des sortes de sachets rond et plats, en forme de galette., constitués d’alfa tressée (aujourd’hui en fibre synthétique) percés en leur centre.

Presses traditionnelles
Ces galettes, appelées scourtins, sont entassées sous la presse (plusieurs dizaines, avec des disques métalliques intercalés destinés à répartir la pression) et enfilées sur une aiguille, l’aiguille oblige les scourtins à se maintenir en position sous lors de la poussée de la presse
Par le seul effet de leur poids, avant toute pression, s’écoulait l’authentique et l’incomparable. huile vierge (cette expression n’est plus de nos jours qu’un terme générique désignant par un abus de langage certaine qualité d’huile).
La presse était mue à l’origine à bras d’homme, utilisant l’effet de levier d’une longue poutre en bois abaissée au moyen d’un treuil, La vis en bois apparue au début de l’ère chrétienne a permis d’obtenir de pressions plus régulières et puissantes,

Modernisation des presses
Avant la colonisation française, les sociétés de capitaux européennes se sont intéressées à l’huile d’olive : « En 1873, le Banco Industriale, de Gênes, avec MM. Pistoretti, Fedriani, Beuf et Gandolphe Amédée, établit à Sousse l'industrie des huileries d'olive, malgré les préventions des indigènes. Cette usine est dirigée maintenant par M. A. Gandolphe qui l'acquit après la faillite du Banco de Gênes. »[8]. Poursuivant sur sa lancée, Amédée Gandolphe introduisit la première presse à vapeur en Tunisie[9] : Son exemple fut très vite imité.
Le progrès technique aidant , des lignes de machines traitant en continue diverses opérations sont apparues ,(tri trituration , extraction par centrifugeuse).

Traitement chimique
Les pressions successives, de forces différentes, donnent des huiles de qualités différentes Elles sont soumises à filtration et décantation afin d’extraire en particulier les impuretés et la grande quantité d’eau é laquelle l’huile sort mêlée,
La pâte contenues dans les scourfins en fin de pression n’est plus qu ‘un marc appelée grignon.
Ces grignons d’olive sont traités chimiquement, L’huile ainsi extraite est impropre à la consommation humaine, Elle sert principalement de base à la fabrication de savon et de lubrifiant industriels. On l’appelle l’huile lampante.
.
Presses à vapeur à Sousse
aquarelle de Charles Lallemand (ibidem)


Décantation
Le liquide recueilli des presses contient toujours une fraction d’eau ainsi que quelques particules solides, dont la séparation s’opérait par décantation dans des bassins. L’huile plus légère surnage sur les liquides résiduel. Il ne reste plus qu’à la recueillir,
La méthode de décantation tombe en désuétude on lui préfère la séparation par centrifugeuse plus efficace, donnant un produit de meilleure qualité.

Les résidus
Il résulte deux types de déchets de toutes ces opérations. Les uns solides sont les grignons, agglomérat de noyau de pulpe et de peaux d’olives, Leurs traitement chimique permet encore d’en extraire des huiles industrielles, Les autres liquides, appelés margines, sont des polluants notoires.
Depuis quelque temps, la valorisation de la biomasse aidant, les grignons sont utilisés comme combustibles. En Tunisie leur commercialisation s’effectue à des prix marginaux, faute d’installations consommatrices suffisamment nombreuses qui puissent alimenter la demande. On peut toutefois imaginer que leur commercialisation se fera bientôt à de meilleurs prix, leur valeur énergétique étant proche de celle des ‘pellets’[10] de bois.
Quant à la margine, résidu aqueux provenant de la décantation ou de le centrifugation, elle pose problème : elle est réputée phyto-toxique ; ni sa consommation anecdotique en phyto- cosmétique, ni son épandage comme prétendu fertilisant ne résolvent les problèmes qu’ele pose (pas plus qu’en Europe d’ailleurs).



COMMERCIALISATION

Les acteurs
A partir des croisades les échanges n’ont pas cessé de se développer entre l’Europe et les ‘Etats barbaresques’ ;. déjà les Républiques de Gênes et de Venise entretenaient des échanges portant entre autres sur l’huile d’olive.
A la fin du XVIIIéme siècle et au long du siècle suivant, lorsque la piraterie commença à être contenue dans des limites permettant les échanges trans-méditerranéens plus sûrs, les négociants italiens et provençaux, les armateurs, ont joué en faveur de l’essor de la commercialisation de l’huile d’olive de Tunisie, un rôle comparable à celui ces grandes compagnies commerciales ouvrant un siècle plus tôt les routes commerciales des Indes et des Amériques.
Marseille port du sud pour l’Empire français vit converger au XIXéme siècle quantité de cargo chargés d’huiles pour ses savonneries, lorsque l’emprise française s’étendit sur l’Afrique du Nord.

Définition de normes
Comme pour tout marché, la définition de normes et de standards est une condition indispensable à son animation et à son efficacité, lui procurant assez de sécurité pour qu’il soit capable de soutenir la formation de prix équitables, qui encouragent des échanges confiants, et qui tirent la production en avant.
Les contributions à la régulation émanant d’organismes internationaux (C.O.I.[11], F.A.O., C.N.U.C.E.D. etc…) celles de l’O.N .H. en Tunisie, les définitions qualitatives et normatives apportées par l’Union Européenne (qui demeurera durablement le premier marché mondial), constituent autant de pas effectués vers l’organisation du marché.
L’union Européenne a fortement favorisé l’adoption dans le monde oléicole de norme auxquelles le C.O.I., veille particulièrement. Sont action est relayée en Tunisie par l’O. N. H . (Office National des Huiles) dont les laboratoires et les antennes contribuent au soutien qualitatif et quantitatif de la production tunisienne.

La qualité
L’huile d’olive tunisienne semble pâtir d’un déficit d’image, que ses produits tentent de combler peu à peu, Les huiles tunisiennes demeurent très majoritairement exportés en vrac (80% de l’embouteillage est destiné au marché intérieur). Comme il s’agit de gravir un nouveau degré dans l’exportation de valeur ajoutée, d’intenses efforts sont menés afin qu’une plus grande part des exportations couvre des produits déjà conditionnées et que pour des labels Bio et/ou Zone d’appellation contrôlée soient créés et reconnus[12] .
Toujours est-il que la classification des diverses qualités d’huiles proposée par l’U. E. demeure opaque pour le consommateur et mériterait une clarification .


En simplifiant, on peut schématiquement retenir la correspondance entre qualité et critères selon la simplification qui suit :

Huiles vierges : obtenues directement de l’olive, uniquement par des procédés mécaniques, taux d’acidité compris entre
0.8 % (huile vierge extra) et 2% (huile vierge)
Huiles raffinées proviennent du raffinage industriel d’huiles vierges
acidité maximum 0.3 %
Huiles de grignons (dites lampantes) obtenues par traitement chimique des grignons, très rarement destinées à l’alimentation humaine


Les zones géographiques
Les marchés majeurs ont longtemps recouvert les zones de productions traditionnelles : Espagne Italie Grèce, Turquie (production à usage interne) et Tunisie , comportant des acteurs de moindre importance comme la France (production au 15éme rang mondial) ainsi que les autres pays du Maghreb et du moyen orient.
Les principaux producteurs sont devenus consommateurs de manière stable pour des raisons historiques et culturelles. Il y a peu d’évolutions prévisibles de leur côté.
Toutefois la Tunisie s’est assurée par son association à l’Union Européenne d’un créneau d’exportations garanti.
Par ailleurs les récents efforts de percée sur les marchés japonais, nord américain, australien, sont bien accueillis, certaines de ces ouvertures ayant été préparés pas le peuplement d’immigrés d’origine méditerranéenne. La Tunisie s’est bien positionnée sur le japon .
Cependant pour que ces percées récentes soient considérées comme des succès, il reste souhaitable d’en attendre la consolidation : le soudain intérêt pour l’huile d’olive pourrait ne se limiter qu’à un effet de mode, sed fortuna audaces juvat... et l’huile d’olive le vaut bien .
De plus des efforts orientés vers des pays à fort pouvoir d’achat bénéficient de la demande additionnelle suscitée par l’engouement diététique en faveur du régime crétois, et les produits biologiques.
Ces nouveau marchés sont par surcroît solvables.
Pour l’instant leur demande est très soutenue et arrive dans un contexte favorable .

Volatilité des cours
Cependant les cours internationaux demeurent très sensibles en fonction des niveaux de de récolte des majors de la production . Ce niveau dépend essentiellement des caprices climatiques (sécheresse, gel).
Une mauvaise année de récolte en Espagne (44% de la production mondiale) est suffisante pour induire une hausse des cours de 40%..On a vu ainsi qu’une récolte abondante en Espagne a suffit pour faire plonger dans un marasme dramatique le secteur oléicole de Tunisie par amputation des prix d’un tiers.
De plus , l’huile d’olive vieilli mal : il existe peu possibilité de stockage satisfaisante au delà de deux saisons (pas de stockage possible au delà de 3ans). Il en résulte l’impossibilité de réguler efficacement les cours par le stockage.
Et puisque l’efficacité de la régulation des cours s’est avérée impossible ou insuffisante , sous le protectorat français il a été conçu un système instaurant un monopole des prix : ceux-ci étaient garantis par un organe centralisateur l’O.N. H., fixant un prix de campagne établi sur une moyenne pluriannuelle, l’administration faisant son affaire d’en lisser les écarts de prix réels en termes financier sur plusieurs années.
Ce système n’encourageait pas la dynamisation de la production agricole, De plus les fortes perturbations, annoncées par la crise 1929/1930, constatées sur les marchés financier et monétaires au cours du XXéme siècle , aboutissant à la fixation de prix de campagne parfois inadéquats. Le système est abandonné au bénéfice des mécanisme de marché , non sans avoir expérimenté quelque temps après l’indépendance une phase collectiviste brève et douloureuse,
Depuis 2003/2004 un marché à terme sur l'huile d'olive se développe sous autorité espagnole. Ce marché est ouvert aux opérateurs internationaux . Les premiers contrats à terme ont été définis pour de l'huile lampante. Ce marché, unique au monde, est très actif.

PERSPECTIVES

La politique actuelle, favorable à la libéralisation de l’économie renvoie les producteurs à leurs responsabilités en les invitant à être leur propres assureurs en cas de fluctuation des cours…. et cela pose la question de l’adéquation des institutions bancaires tunisiennes , Quelles seront alors les capacités réelles du secteur bancaire pour épauler la production face aux défis très actuels que propose l’accroissement des marchés et les gains de part de marché ?
Il y a sans doute des progrès à faire: La Tunisie en a certainement les ressources . Cependant il faudrait que les efforts destinés a développer ce secteur de l’économie soient placés sous le sceau d’une politique dont la cohérente multiplierait l’efficience transversales des différents acteurs privés ou publics.
Il semble pour l’instant que le gisement de ressources, mais aussi que ses fragilités, présents dans l’huile d’olive et dans sa sphère économique, ne soient bien perçus en Tunisie que par un nombre limités d’experts qui ont peine à se faire entendre,
Il est vrai que cette question se heurte parfois à des arbitrages entre divers autres pans de l’économie, Mais il serait irrémédiablement dommageable non seulement d’un point de vue économique mais aussi sur le plan culturel de négliger une approche à long terme du devenir de l’huile d’olive tunisienne …. qui est la meilleure du monde. Bessif.

Le drapeau de l’Organisation des Nations Unies ne comporte que deux rameaux d’oliviers. On peut espérer que le sol de la Tunisie, qui en compte des millions, aura ainsi la garantie qui convienne à une paix durable, et que l’or qui s’en écoulera irriguera son avenir
[1] O. Manquant : Catalogue mondial des variétés d'olivier, recense 139 variétés d'oliviers dans 23 pays.
[2] Sahel : région de l'est de la Tunisie s'étendant du golfe d'Hammamet (au nord) au golfe de Gabès (au sud), englobant les 2éme et 3éme villes de Tunisie Sfax et Sousse.
[3] Voir H. Frost , parsim : Fouilles sous-marines de deux navires de guerres puniques (Ca –241 av. J.C.) au large de Marsala dont la substructure de l’un recelait outre des traces de cannabis, des noyaux d’olives, le tout probablement provenant de la consommation de la chiourme, ou lui étant destiné.
[4] Les opérateurs « italianisaient » la production d’huile tunisienne préalablement à sa réexpédition vers la France. Cette pratique a encore cours de nos jours en matière de gaz naturel, provenant d’AFN, sensé être acquis pour les besoins du marché italien à prix dérogatoire, revendu au prix de marché à des pays de l’UE après dédouanement fictif.
[5] Le vieillissement menace les oliveraies - 30 % des plantations dépassent 75 ans. article de Samira Hamrouni – La Presse - Tunis 06 décembre 2007.
[6] Un ksar est un village fortifié construit de terre battue mêlée à de la paille, que l'on trouve notamment dans le sud pré saharien de la Tunisie ; Il consiste le plus souvent en greniers nombreux et étagés, et quelques habitations. Les greniers en forme d’alvéoles sont appelés ghorfas. Ils permettent d’entreposer les produits des récoltes pour plusieurs années en cas de carence ou pour les protéger de la convoitise des tribus nomades. L’étymologie latine du mot , « Castrum », signifie « camp fortifié
[7].Caton l’Ancien – de Rerum Rustica - Tarpetum = moulin , torcular = presse à huile,
[8] Bertrand Bouret : l'industrie européenne avant le protectorat (http://www.profburp.com/tunisie/biblio/industrie.htm)
[9] « Il existe d’anciennes et importantes usines à Sousse , comme celle d’Amédée Gandolphe, dont l’installation remonte à une époque antérieure à l’occupation Française. Elle possède douze presses actionnées à la vapeur ». Charles Lallemand - La Tunisie, Pays de protectorat français -Paris 1892 .
[10] petits cylindres de granulé de bois (sciure ou copeaux) très fortement compressé, leur confort d'utilisation est proche de celui du mazout ou du gaz, très en vogue depuis quelques années en Europe : le CO² dégagé lors de la combustions est sensé être absorbé par les arbres.
[11] Organisation intergouvernementale chargée d'administrer l'Accord international sur l'huile d'olive, instrument multilatéral unique au service de l'oléiculture mondiale: forum de rencontre entre les experts et de confrontation des idées, mais aussi de réflexion et de décision au sein duquel sont formulées les grandes lignes des actions destinées à préserver l'avenir de l'oléiculture mondiale. Par la coordination des politiques nationales de production et de commercialisation des produits de l'olivier, l'adoption de mesures réglementaires et normatives de préservation de l'authenticité du produit ou la mise en œuvre d'activités pluridisciplinaires dans les domaines de l'agronomie, de la technologie, de la science et de l'information,
[12] (TAP) 01-03-2008 - Declaations de M. Souilem Fehri, P.D.G. de l’O. N. H. « LaTunisie s'emploie à doter l'huile d'olive tunisienne d'une notoriété internationale.[…] (elle) a opté pour une approche de traçabilité déterminant les «signes de qualité» de l'huile d'olive. Il s'agit, en particulier, des appellations d'origine contrôlées (AOC) et des indications de provenance (IP) qui sont incontournables pour la pérennité et le développement des exportations nationales d'huile d'olive. »

jeudi 3 avril 2008

HISTOIRES DE SUCRE

(CE TEXTE N'EST QU'UNE EBAUCHE)

SIR HUDSON LOWE ET SIR THOMAS READE

En qualité de gouverneur de l’île de Sainte-Hélène, Sir Hudson Lowe a été le geôlier de Bonaparte de 1816 à 1821. Il s’est acquitté de cette tâche avec tant de zèle que la réputation de cerbère farouche, soupçonneux et outrancier (y compris à l’égard de sujets britanniques), a pris une ampleur injustifiée, sans doute grâce à la propagande pro-bonapartiste, voire les manipulations de Bonaparte lui-même. Cette fâcheuse renommée reste encore attachée à son souvenir.

Bonaparte a bien souvent été malmené durant sa captivité, à Sainte-Hélène encore qu’il y ait beaucoup à trier quant à la réalité ou la portée des menus incidents relatés. Les diverses péripéties, rapportées par la presse ou la rumeur jusqu’en Grande Bretagne, ont amené Hudson Lowe à se justifier devant sa hiérarchie[1]. Les investigations britanniques ont conclu implicitement à la nécessité de cette rigueur, certes excessive, mais néanmoins requise par le caractère d’exception du prisonnier. Il n’a été retenu rien de plus que l’excès de zèle d’Hudson Lowe.

La réalité et la sévérité du traitement réservé à Bonaparte ne sont donc contestées par personne, en revanche l’image attribuée à Hudson Lowe apparaît avec le recul du temps, de plus en plus inéquitable. Les analyses menées récemment sur ces événements jettent un éclairage plus précis et nuancé quant à la répartition des responsabilités.

Le rôle de l’adjoint d’Hudson Lowe, Sir Thomas Reade[2], se dessine peu à peu ainsi que son caractère peu nuancé, cassant et partisan. Ces aspects tendent à alléger les griefs réels pouvant être retenus à l’encontre d’Hudson Lowe[3], quand bien même certaines affinités et harmonies auraient pu se développer entre les deux hommes dans le strict accomplissement de leur tâche. Leur bonne intelligence semble avoir perduré. On la retrouve confirmée dans la lettre[4] adressée en 1842 par Hudson Lowe à Thomas Read, dans laquelle il répond à sa sollicitation d’appuis en vue d’obtenir une charge, à titre gracieux, en faveur de son fils Richard Reade (lequel sera plus tard Consul à Tripoli).

Sir Thomas Reade est né en 1785 à Congleton, dans le Cheshire, petite ville proche de Manchester, il décède en 1849 à Tunis où il est enterré[5]. Il embrasse tôt* , à l’âge de 13 ans, une carrière militaire au début de laquelle il sera déjà confronté militairement à la France lorsque, commandant une flottille de cannonières britannique, il doit repousser l’attaque conjointe, sur la côte sicilienne (occupation sporadique britannique de 1806 à 1815), de la flotte française appuyée par des napolitains[6] : sa conduite honorable et son succès lui valent d’être désigné quelque temps après « deputy adjutant general of the troops at st helena », directement placé sous les ordres du Gouverneur afin de le seconder . Sa nomination à ce poste impliquait notamment la fonction de chef de police de l’île.

Ses états de services lui valurent d’être nommé par la suite Consul général et Agent de Grande Bretagne à Tunis. L’une des traces honorables que son action aura laissée dans sa fonction consulaire sera d’avoir su relayer opportunément la politique britannique abolitionniste, amenant, sans grande difficulté semble t-il, le Bey de Tunis a proscrire définitivement la traite et le commerce d’esclaves noirs razziés en Afrique.

Plaque commémorative, église anglicane de Congleton, cliché de Carl Rogerson, Hyde
(http://www.carlscam.com/)

Par ailleurs, Thomas Reade est plus tristement célèbre pour avoir fait démolir, au cours de son consulat en Tunisie, le fameux mausolée lybico-punique de Dougga afin d’en extraire l’inscription bilingue , déposée à présent au British Museum (M. Poinssot, sous l’impulsion du services des Antiquités d’Afrique du Nord a heureusement a pu restaurer efficacement ce monument en 1920- ill, infra).
Ce dernier exploit fonde et étaye non seulement la piètre opinion que lui resservait à Sainte-Hélène Bonaparte et son entourage, mais donne également une idée de l’étendue prise par l’irritation issue des frictions[7] quotidiennes, résultat de l’exécution sans nuances, voire hostile de la mission de surveillance impartie à Thomas Reade et à son supérieur hiérarchique.

L’AFFAIRE DE LA VAISSELLE PLATE [8]

La couronne d’Angleterre avait fait Napoléon prisonnier et prononcé son exil sur Sainte-Hélène au nom des vainqueurs de Waterloo.
Cet exil garantissait la bonne application du traité de Paris de 1815 et la vie harmonieuse du pacte de la « quadruple alliance », souscrit simultanément par la Grande-Bretagne, la Russie, l’Autriche, et la Prusse afin de garantir meilleure stabilité à l’Europe continentale.
La conférence quadripartite du 2 août 1817 fournit une base juridique à la détention de Bonaparte.
Chacune des puissances avait délégué à Sainte-Hélène un commissaire, tant pour affirmer les rôles respectivement joués dans la chute du 1er Empire, que pour disposer d’observateurs chargé du contrôle bonne exécution de la détention de Napoléon assurée par le anglais. Un représentant de la monarchie française, fraîchement rétablie, s’était joint à eux.

Pendant les deux premiers mois suivants son arrivée de son arrivée sur l’île, le séjour de Bonaparte relevait d’un exil normal . Sa garde restait placée alors sous l’autorité de l'Amiral Cockburn, premier gouverneur . Celui ci fut promptement remplacé par Sir Hudson Lowe, et son adjoint Sir Thomas Reade.
En dépit des bonnes intentions exprimées par Lord Bathrust (voir ANNEXE III), les conditions de détention de Napoléon se détériorèrent immédiatement, et entraînèrent très vite un état de conflit permanent, alimenté sans doute par la crainte obsessionnelle D’Hudson Lowe de devoir répondre un jour d’une éventuelle nouvelle évasion, et certainement en raison de l’hostilité sourde et épaisse de Reade.

La charge financière de la surveillance de Napoléon incombait en totalité au Trésor du Royaume-Uni. Comme la présence de l’empereur avait requis sur l’île le maintien permanent de 2 500 hommes armés[9], pour une durée indéterminée, et qu’à cette nouvelle charge s’ajoutait celle de l’entretien ordinaire du prisonnier et de sa petite suite, le poids de la dépense est vite apparu excessif.
Le secrétaire d'Etat aux Colonies, Lord Bathurst[10] donna donc des instructions au gouverneur pour que la pension fût réduite.

Il intima donc à Hudson Lowe l’ordre de :

« Diminuer fortement les dépenses de la table et de la maison du prisonnier, de telle sorte qu'elles ne dépassent pas 8 000 livres [192 000 francs] par an, en y comprenant les vins et l'extraordinaire, de quelque genre que ce soit. Dans le cas où le général se plaindrait des retranchements que pourraient occasionner cette modification, il (…) sera loisible de lui permettre tout le superflu qu'il désirera, pourvu qu'il fournisse les fonds nécessaires pour couvrir les dépenses au-delà de 8 000 livres. »,
indiquant en outre :
« D'après ce que j'ai appris, les moyens pécuniaires ne lui manquent pas », détail exact car le banquier Jacques Laffitte détenait, à lui seul, un compte oû plus de 6 millions de francs avaient été versés d’ordre de l’Empereur au lendemain de Waterloo.

En fait, dès 1816 l’encours des dépenses engagées pour l’entretien de Napoléon et de sa suite à Longwood atteignaient d’ores et déjà environ 20 000 livres (équivalentes à 480 000 francs).
L’Empereur y vit immédiatement l’occasion rêvée pour endosser le rôle du martyr persécuté : Il tenait ainsi le moyen de susciter un fort courrant d’émotion et de sympathie en Europe qui aurait pu, sinon lui valoir un retour, au moins l’en rapprocher.

Aussi toutes discussions, tendant à amener Bonaparte à pallier à l’insuffisance des fonds alloués en recourant aux ressources de sa cassette personnelle, n’aboutirent en définitive à rien d’autre qu’aux plus énergiques protestations du prisonnier. Elles redoublèrent en véhémence en particulier lorsque Sir Hudson Lowe prétendit contrôler (ainsi que la prudence de sa mission le lui commandait) toute correspondance éventuelle de Bonaparte adresserait à son (ses) banquier(s) afin de communiquer ses instructions.

Ces chicaneries répétés et ces insuffisances agaçaient apparemment Napoléon. Cependant elles n’auraient pas pu nuire à la marche de ce qui demeurait les reste de sa « Maison » disposant donc par ailleurs de ressources suffisantes.
Confronté à l’obstination bornée d’Hudson Lowe, qui entre-temps était néanmoins intervenu en faveur de l’augmentation significative de la somme versée, Bonaparte afin d’exprimer son irritation, et en signe de protestation, décida de faire savoir haut et fort qu’il n’aurait par conséquent plus d’autre choix que de mettre en vente sa vaisselle plate.

La première vente eu lieu le 15 octobre, suivie de deux autres ventes en novembre et décembre . A cet effet, comme ces pièces de vaisselle plate passaient en mains ennemies, il est compréhensible qu’elle fussent « décapitées » de leurs emblèmes napoléoniennes.
Cette tâche échut à Cipriani[11] à qui il incomba symboliquement d’effacer toutes traces, marques et symboles pouvant rappeler l’ancien propriétaire, soit en limant les armoiries, soit en sciant les Aigles portées par les diverses pièces d’orfévrerie.
Il ne s’en acquitta que très partiellement, se limitant semble t-il à la suppression de symbole impériaux uniquement sur les pièces d’argenterie majeures les plus visibles.
Cette argenterie comportait à l’origine, à côté de la vaisselle usuelles -cuillères, fourchettes etc.- quelques pièces majeures notamment cafetière, sucrier, ornées d’aigles impériales (ANNEXE IV).
Elle ne fut qu’en partie dispersée lors de ces trois ventes qui concernaient à la fois des éléments de service et de plus rares piéces d’apparat dépouillées à présent de leurs d’aigles impériales,, celles ci étaient également vendues en vrac pour leur poids.
Un service de faïence très ordinaire fut acheté au chef lieu de l’île pour y accréditer la parodie (relative) du sacrifice .

Bien entendu, ce n'est ni la poignée de fermiers peuplant l’île, ni la population multiethnique introduite dans l’île pour les besoins du relais sur la route commerciale du Capqu'elle assurait, ni encore les troupes stationneées à Sainte-Hélène garantes de sa sécurité, qui pouvaient se porter acquéreurs d’argenterie d’apparat . En auraient elles eu les moyens, l’usage ou le goût? Ces populations n’ont vraisemblablement pris en considération que l’aspect vénal de cette importante quantité d’argent.
En revanche quelques personnes d’un rang social supérieur, représentants de compagnie commerciales ou de l’autorité britannique, souvent d’extraction aristocratique et ayant peut-être eu la chance d’une meilleure éducation, même modestes, ont pu porter de l’intérêt au travail d’orfèvrerie de cette vaisselle plate, au delà de la valeur vénale représentée par son poids de métal.
Les conditions exceptionnellement favorables d’acquisition qui les entouraient ont renforcé en outre l’attraction exercée par l’argenterie de Bonaparte.

LE PETIT BUSINESS DE Sir THOMAS READE

C’est probablement tenant compte de ces divers aspects que Sir Thomas Reade a pu acheter à vil prix une petite partie de l’argenterie ainsi offerte.
Pour mémoire le produit des ventes successives a atteint un montant global proche de 26 000 francs pour 4127 onces d’argent , soit un total d’environ 117 kilogrammes d’argent.

On peut aisément imaginer que les occasions offertes à Sir Thomas Reade pour dilapider sur Sainte-Hélène son avoir étaient suffisamment rares pour qu’il ait su judicieusement profité de l’aubaine en plaçant ses économies (modeste ?) dans quelques pièces d’argenterie.

Ces dernières le suivirent en Tunisie où sa carrière l’amena après 1821 comme Consul général. Ses fonctions connurent leur terme avec sa mort à Tunis le 29 juillet 1849.
Il ne semble pas que Sir Thomas Reade ait su profiter de l’extraordinaire amabilité tunisienne afin d’amender son caractère peu enjoué[12], ni endiguer ses instincts de rustre prédateur[13].

(illustrations)

Mausolée de Dougga avant restauration12 Le même restauré (cliché anonyme)

Durant son consulat Thomas Reade s’est employé sans difficulté à faire abolir par le Bey de Tunis l’esclavagisme. Cette demande du roi d’Angleterre fut bien accueillie par le Bey lui même, trop heureux de pouvoir justifier la suppression de ses « gardes noirs » et surtout de pouvoir en éliminer la charge. Tunis et sa région se plièrent également sans incidents à cette interdiction, En revanche les campagnes consommatrices de main d’œuvre acceptèrent plus difficilement la nouvelle donne. Toujours est-il que par la volonté britannique, l’insistance de Reade, et la complaisance du Bey, l’esclavage fut officiellement aboli en Tunisie le 26 janvier 1846 par Ahmed I Bey, et que cela se traduisit progressivement dans les faits.

SUCRES ET CAFÉ

L’autre préoccupation majeure du consul pendant cette période fut l’installation des ses enfants dans la vie : il donna sa fille en mariage en 1845 à Willam Crowe, fils de son vice-consul à Sfax , quant à son fils Richard il souhaitait pouvoir lui obtenir une charge à titre gracieux, et sollicitait fin 1842 l’appui de Sir Hudson Lowe afin que lui soit épargné le coût semble t-il élevé d’un quelconque office (voir ANNEXE II).
Les conseils prodigués par sir Hudson Lowe dans sa réponse n’ont vraisemblablement pas été très utiles. Sir Thomas Reade s’est donc préparé à acquitter à prix fort le prix d’une charge[14]: il mobilisa ce qui lui paraissait judicieux et mit ainsi en vente sur la place de Tunis l’argenterie napoléonienne dont il disposait.
Le moment était judicieusement choisi : signature de l’entente cordiale en 1843, bienveillante sympathie et retour en grâce pour les bonapartistes d’antan, présence française accentuée en Afrique du nord par l’Algérie.

Les Gallini, famille corse , viscéralement bonapartiste comme le suggère leur origine, en racheta ce qu’elle pu.
Une aute vieille famille de Tunis - génoise, devenue française lors de l'annexion de la République de Génes par Bonaparte à la France- pu racheter le sucrier et la cafetière du service, elle les détient toujours.

Ces pièces avaient été décapitées, peut-être maladroitement, de leurs aigles lors de leur mise en vente à Sainte-Hélène[15]
L’aigle couronnant le sucrier a été remplacé par un petit lion d’argent symbolisant la monarchie britannique, (réplique d’un lion de Trafalgar square ?), celui de la cafetière, manifestement scié, a été remplacé par un méchant petit oiseau, qui n’ose pas dire son nom et qu’on dit être un aiglon.

Selon P. G., les poinçons d’orfèvre de la cafetière seraient des poinçons russes .
Il pense que ce service de vaisselle plate pourrait être celui que Pauline Borghese , sa sœur, avait affectueusement offert à Bonaparte lors de son premier exil , sur l’île d’Elbe.
Les pièces sont de style néo classique-retour-d’Egypte .

On peut situer le sucrier aux environs du blocus continental. La France était alors privée d’approvisionnement en sucre de canne en provenance des colonies. Ce sucrier monumental était, à proprement parler, un pot à mélasse . Il devait être rempli du sirop très épais et très visqueux, résidu du raffinage du sucre, et le remplaçant

Le corps du sucrier comporte tout autour un dispositif permettant de suspendre les cuillères de service pourvues de crochets. Ces cuillères l’accompagnent toujours. (si ma mémoire est bonne).


Pendant ce temps Philippe Victoire de V.[16], - employait ses talents de botaniste et de chef de l’entreprise grainetière bien connue, à la généralisation, selon décret napoléonien, de la culture de la betterave sucrière :
Le blocus continental fut instauré par l’Empereur le 21 novembre 1806. Il interdisait l’entrée en France de tous produits anglais, dont le sucre de canne des Antilles.
Bonaparte pris alors la décision d’encourager de façon très volontaire la production de sucre de betterave :
Les recherches du chimiste français Delessert avaient abouti à la mise au point d’un procédé satisfaisant d’extraction du sucre de la betterave.
A cela s’ajoutait les améliorations apportées par Philippe Victoire de V. en sélectionnant en fonction de leur teneur en sucre les différentes variétés de betteraves.
xxx de V. détient toujours le secrétaire à cylindre sur lequel l’Empereur est venu signer le décret autorisant la mise en production intensive de la nouvelle variété de betterave sucrière .
Cette personne demeure persuadée que Napoléon à signé sur cette table le décret de généralisation de la culture des pommes de terre: cela pourrait être inexact car les V.'ont prêté d'attention significative à la patate qu'à partir 1880 avec les travaux d'Henry de V, d'une part, et cela ne correspond pas avec certaines traditions orales, d'autre part.

Quoi qu'il en soit, l’extraction passée à l’échelle industrielle permit au sucre de betterave , produit dans des conditions de rentabilité suffisante, d’éviter que le retour du sucre de canne de nouveau libre, ne devienne un rival sérieux.
Cela amenait la France au rang de 1er producteur mondial de betteraves sucrières, rang qu’elle tient toujours fermement…. si le soudain attrait pour les biocarburants ne vient pas bouleverser la donne actuelle.

Etonnament le descendant du proprétaire du sucrier de Napoleon , a épousé en 1946 la descendante de Philippe Victoire de V.







ANNEXES

ANNEXE I/

Lettre du docteur O'Meara, médecin de Bonaparte à Sir Hudson Lowe

April 12, 1818.

I have had the honor this morning of receiving a letter from Lt.-Colonel Sir Thomas Reade, Deputy Adjutant-General, containing instructions in Y.E. name, by which I find that I am assimilated with the French prisoners at Longwood.

When in 1815 Count Bertrand asked me to accompany Napoleon Bonaparte as surgeon, I declared to Admiral Lord Keith and Captain Maitland that I would accept of the situation on certain conditions; viz., that I should be continued upon the navy list in my rank as surgeon, with my time going on, that it should be permitted me to resign should I find the situation not to be consonant to my wishes, that I should not be considered dependent upon or paid by Napoleon, but as a British officer employed by the British Government, and consequently not subject to any restriction imposed upon French
prisoners. The subsequent arrangements made by the Admiralty shew that these conditions were approved of.
In June, 1817, you, sir, manifested some intention of imposing upon me the same restrictions as the French prisoners were subjected to; I had then the honor to communicate to you the stipulations which I had made and the conditions under which I had accepted the situation, adding that I would prefer giving in my resignation to submitting to any such restrictions. I therefore consider, sir, your order of the 10th of this month as a demand for my resignation, and I have the honor, now, sir, to tender it to you, and also to demand permission to return to England
I have, etc. BARRY O'MEARA, Surgeon R.N.


ANNEXE II/

Lettre de Sir Hudson Lowe en réponse à une sollicitation de Sir Thomas Read
(manuscrit offert à la vente par SMYTHE New-York)

December 15th, 1842

My dear Reade,
Mr. Amyot has mentionned to me your wish to obtain a Commission for one of your Sons and I told him that I think that the best course you can pursue for this purpose, is to write a letter to Lord Jeffrey Somerset, stating your own military service, referring to me, if nescessary, with regard at your service at St Helena- to Lord Derby (perhaps), as to those in Sicily, or to any letter or general order after John Stuart.... stating all your service on the Peninsula, and requesting that the name of your son (whose age and course of education would be described), may be put dowm as a candidate for a Commission by purchase; for with the exception of ...persons... educated at Sandhurst...few indeed are the occasions where the Commissions are obtained without purchase. You might perhaps put your application in such a way it may appear as one for a commission without purchase, but saying that if the list of candidates is so full that ... favor cannot be granted you should be happy to become a purchaser...In wateverway your application may be made, I shall be always happy to give it heavy support...”

Les commentaires de la Maison SMYTHE de New-York précisent . « …Reade apparaissait un homme trapu dans la trentaine, présentant une face de lune ornée d’un constant sourire que beaucoup considéraient comme hypocrite. Il n’avait la réputation d’être ni plaisant, ni cultivé : L’Empereur éprouvait un intense déplaisir à le fréquenter et répugnait à le voir ou lui parler. Sa correspondance atteste de bien plus de sévérité de sa part à l’égard de l’Exilé que ses supérieurs n’en ont démontré… »


ANNEXE III/


Extraits de la lettre de mission adressée le 12 septembre 1816 à Sir Hudson Lowe par Lord Bathrust destinée à fixer le cadre « juridique » de détention de Napoléon à Sainte-Hélène


Ma lettre du 24 juillet vous a informé qu’il avait plu à Son Altesse Royale le Prince Régent d’ordonner que la garde de la personne de Napoléon vous fût confiée. L’île de Sainte-Hélène a été fixée comme le lieu de sa future résidence… Vous trouverez ci-incluse, pour vous servir d’information et de guide, la copie d’un mémorandum que j’ai adressé, à cette occasion, aux lords commissaires de l’Amirauté, et sur lequel les instructions de sir George Cockburn sont fondées, autant qu’elles regardent Napoléon Bonaparte.

J’ai peu à rajouter à ce mémorandum, et vous regarderez ces instructions comme les principes généraux qui doivent régler votre conduite. Beaucoup de choses cependant seront déterminées par les circonstances locales, et l’expérience que j’ai de votre jugement et de votre discrétion me fait remettre, sans appréhension, cette mission très importante entre vos mains. Vous observerez que le désir du gouvernement de Sa Majesté est d’accorder au général Bonaparte toutes les indulgences compatibles avec l’entière sécurité de sa personne. Qu’il ne puisse en aucune manière s’échapper, ni avoir de communication avec qui que ce soit, excepté par votre entremise, doit être votre soin incessant ; et ces deux points une fois assurés, toutes les ressources, tous les amusements de nature à réconcilier Bonaparte avec sa captivité peuvent être permis.



ANNEXE IV/

Extrait de L’ECHO DE LA FABRIQUE- Journal des chefs d’atelier et ouvrier en soie –
26 janvier 1834 - N°56 -
Edition électronique (http://echo-fabrique.ens-lsh.fr/document.php?id=3525&format=search)

SOUVENIRS D’UNE DAME SUR NAPOLÉON A STE-HÉLÈNE.
Pendant les deux années que je passai à Ste-Hélène, il m’était si facile de voir l’empereur Napoléon, que j’aurais pu remplir des volumes de petites circonstances de sa vie privée [….]Quelque temps après, Mme la comtesse Bertrand m’envoya une invitation à dîner de la part de l’empereur. […] Le dîner fut servi en magnifique vaisselle plate et en porcelaine de la Chine, les domestiques étaient en livrée verte et or ; l’empereur mangea de plusieurs plats avec appétit, causa beaucoup avec moi sur l’Inde et sur les mœurs et les coutumes de ses habitants. […]En parlant ainsi il se leva et tout le monde le suivit dans le salon où l’on servit le café. Je ne pus m’empêcher de laisser voir mon admiration à la vue du service de porcelaine qu’on venait d’apporter ; l’empereur prit une tasse et sa soucoupe, et l’approcha du jour pour m’en faire voir la beauté ; les peintures représentaient des vues d’Egypte et les portraits des principaux chefs de ce pays. « C’est la ville de Paris, dit-il, en remettant la tasse sur le plateau, qui m’a fait présent de ce service de porcelaine après mon retour d’Egypte. » Il donna dans la suite une de ces magnifiques tasses à lady Malcolm, femme de l’amiral sir Pultney-Malcolm quand elle quitta Sainte-Hélène.

ANNEXE V/
Georges Dupuy –Stratégie, V. : nous on séme – L’express - 08/04/1999

[…] La maison fondée quai de la Mégisserie, en 1743, par Philippe Victoire de V., le premier d'une longue lignée de botanistes et de grainetiers, prend l'eau de toutes parts[…]
Tout ce que l'Europe compte de savants spécialisés dans les semences connaît la famille et ses travaux. Notamment l'amélioration de la betterave sucrière et la création d'une variété jaune crème, le fameux ovoïde des Barres.


NOTES

[1] Lowe recommended that the government allowance of £8000 a year to the Longwood household should he increased by one-half. The charges of cruelty brought against the governor by O'Meara and others have been refuted; and the most that can be said against him is that he was occasionally too suspicious in the discharge of his duties. After the death of Napoleon in May 1821, Lowe returned to England and received the thanks of George IV.
(in NNBD- Soylent Communications, 2008)
[2] L’orthographe de son patronyme est bien celle ci, bien qu’elle fluctue de Read à Reid , voire Reed
[3] Voir Annexe I : copie d’une lettre du médecin britannique à Hudson Lowe où il se plaint de ce que les mêmes restrictions réservées aux captifs français lui soient étendues par Thomas Read.
[4] Lettre, publiée pour sa vente par Smythe, 2 Rector Street, 12th Floor, New York, NY 10006, à l’adresse : http://www.smytheonline.com/prices_realized/225/MooreC_PeronE.pdf Cf. Texte Annexe II/
* Indice d’une conditions , d’origines modeste ????
[5] Enterré au cimetière de l’église anglicane, puis au cimetière du Borjel (?)
----racines ?---
[6] Gregory Desmond, Sicily: The Insecure Base, London: Fairleigh Dickinson University Press, 1988.
[7] « …Le jour suivant, sir Hudson accompagné de sir Thomas Read rendit visite à l'amiral. Ils différèrent quelque peu d'opinion au sujet des approvisionnements arrivant du Cap. Comme le Gouverneur prenait congé, il se prit à interpeller l'amiral sur un ton singulier :-Lors de votre dernière entrevue avec Bonaparte, ne s'est-il rien passé dont eût dû être informé le gouvernement de Sa Majesté ?-Rien, répliqua l'amiral. Si sir Hudson avait exprimé le désir d'être mis au courant de leur conversation, l'amiral se fût fait un plaisir de lui en donner le détail, mais par la manière de la poser, l'interrogation était blessante. »Journal de Lady Malcolm à Sainte-Hélène, Revue d’Etudes Napoléoniennes, 1931
[8] Vaisselle plate ou Argenterie (en espagnol, plata = argent)
[9] Troupes additionnelles prévues pour se prémunir contre toutes éventuelles tentatives d’enlèvement du prisonnier par ses partisans.
[10] Homme pragmatique, froid, et efficient; en poste dans cette fonction jusqu’en 1827; à partir de 1817 il s’est livré à la même démarche portant sur la réduction du coût d’expatriation (transportation) de criminels en Australie, et sur l’évaluation de l’efficacité préventive pour l’ordre public de cette disposition. Son maintien a contribué à faire du New South Wales actuel, l’Etat le plus peuplé d’Australie !
Voir Australian dictionnary of Biography-Online Edition (http://www.adb.online.anu.edu.au/)
[11] Cipriani Francschi, au service de Napoléon, depuis son exil à l'ìle d'Elbe, tenait à Longwood le rôle de major d’homme auprès de Bonaparte. Rôle sans importance historique, cependant personnage entouré de controverses, aurait été un espion.
[12] “Richardson's 1845 report, later submitted to the British consul, judges Shaykh 'Azzuz quite favorably, although the Englishman generally viewed Tunisian society with a jaundiced eye” . Julia A. Clancy-Smith - Rebel and Saint. Muslim Notables, Populist Protest, Colonial Encounters (Algeria and Tunisia, 1800–1904)- UNIVERSITY OF CALIFORNIA PRESS -Berkeley · Los Angeles · Oxford
[13] « La pierre arrachée au mausolée de Dougga se trouve au British Museum, un consul anglais n’ayant pas hésité, en 1842, à démolir le monument (restauré depuis) pour faciliter le transport. » Lionel Galand.-Lybique et berbère -www.asays.com-
Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Section des Sciences historiques et philologiques.
[14] Nous retrouvons Richard Reade, consul à Tripoli, pourvoyeur en animaux du zoo privé du 13ème comte de Derby, selon divers courriers vers 1849-1851 :
http://www.amphilsoc.org/library/mole/d/derby.xml Archives 13éme comte de Derby – B D44
[15] Ces aigles, mises également en vente ont été rachetées soit pour leur poids d’argent , soit pour leur valeur esthétique. Quelques aigles ont été montée sur les colonnette fixées à un socle pour en faire des bibelots décoratifs.
[16] Voir ANNEXE V/